Se Libérer de l’Avidité et de la Compétition
L’avidité et la compétition sont deux forces qui troublent profondément le cœur. Elles naissent d’un sentiment de manque, d’un esprit qui croit toujours qu’il lui manque quelque chose pour être complet. Dans la vision taoïste, chaque être devrait prospérer selon sa nature, sans chercher à dominer ni à surpasser autrui.
Lorsque nous vivons dans la comparaison, la rivalité ou la quête de possession, nous nous éloignons de notre véritable nature. Nous perdons la simplicité, la fluidité et la paix intérieure qui sont au cœur du Tao.
Les Trois Poisons : comprendre l’origine de l’avidité
Dans la tradition taoïste, l’avidité est l’un des Trois Poisons qui obscurcissent l’esprit :
- L’Avidité : désir insatiable de posséder, de consommer, d’accumuler.
- La Colère : qui consume l’énergie vitale et détruit l’harmonie.
- L’Envie et la Jalousie : qui nourrissent la comparaison et troublent le cœur.
Ces poisons, lorsqu’ils dominent notre vie, nous détournent de la paix intérieure et de la simplicité lumineuse du Tao. Le premier pas vers la liberté consiste à les reconnaître, puis à les laisser se dissoudre.
Quand le Tao est oublié : la sagesse du Daodejing
Laozi nous offre une image puissante :
« Quand le Tao règne sous le ciel, les chevaux de guerre servent à porter le fumier. Quand le Tao est oublié, les chevaux de guerre naissent dans les faubourgs. »
tiānxià yǒu dào, què zǒu mǎ yǐ fèn. tiānxià wú dào, róng mǎ shēng yú jiāo 天下有道, 卻走馬以糞。天下無道, 戎馬生於郊 — chap. 46
Lorsque le Tao est présent, les forces de la nature et de l’homme servent la fertilité, la croissance et la paix. Lorsque le Tao est oublié, ces mêmes forces deviennent instruments de guerre, de rivalité et de destruction.
Dans une société qui valorise la compétition, choisir la coopération devient un acte de sagesse. C’est refuser de nourrir les poisons et préférer la voie de l’harmonie.
La voie de l’eau : vivre sans rivaliser
Laozi nous enseigne :
« La plus haute bonté est comme l’eau. L’eau profite à tous les êtres et ne rivalise jamais. »
shàng shàn ruò shuǐ. shuǐ shàn lì wàn wù ér bù zhēng 上善若水。水善利萬物而不爭 — chap. 8
L’eau ne lutte pas. Elle s’adapte, contourne les obstacles, et finit par les transformer. Elle ne cherche pas à surpasser, et pourtant rien ne peut lui résister.
En suivant l’exemple de l’eau, nous apprenons à vivre sans avidité, sans compétition, en embrassant la fluidité et la simplicité.

Laozi ajoute :
« Le sage ne rivalise pas ; c’est pourquoi nul ne peut rivaliser avec lui. »
shèngrén bù zhēng, gù tiānxià mò néng yǔ zhī zhēng 聖人不爭, 故天下莫能與之爭 — chap. 22
Le sage ne cherche pas à être au-dessus des autres, mais à être en accord avec lui-même. C’est pourquoi il demeure inébranlable et libre.
Le regard du Zhuangzi : la liberté d’être soi
Zhuangzi nous rappelle que la compétition est une illusion née de la comparaison :
« Le poisson vit dans l’eau, l’oiseau dans le ciel. Chacun suit sa nature, sans rivaliser. » — Zhuāngzǐ 莊子
Chaque être possède sa propre voie, son propre rythme, sa propre nature. Vouloir surpasser autrui, c’est oublier sa propre essence.
Zhuangzi nous invite à vivre selon notre nature profonde, sans chercher à imiter, à rivaliser ou à accumuler.
Pourquoi l’avidité nous éloigne-t-elle du Tao ?
L’avidité naît d’un cœur qui croit manquer. Elle crée agitation, tension, insatisfaction. Elle nous pousse à accumuler, à consommer, à vouloir toujours plus.
Mais le Tao nous enseigne que :
« Celui qui sait se contenter est riche. »
zhī zú zhě fù 知足者富 — chap. 33
La vraie richesse n’est pas dans l’accumulation, mais dans la capacité à reconnaître le « suffisant ».

Applications quotidiennes
1. Cultiver l’esprit de « assez »
Définissez ce qui constitue « assez » dans votre vie : possessions, finances, accomplissements. Honorez ces limites. Le « suffisant » est une libération intérieure.
2. Choisir la collaboration
Dans votre vie professionnelle, privilégiez les projets collaboratifs. La coopération renforce les liens, apaise le cœur et crée une énergie durable.
3. Fixer des objectifs personnels
Au lieu de vous comparer aux autres, concentrez-vous sur vos propres progrès. Cultivez des compétences par joie, non pour surpasser.
4. Pratiquer la générosité spontanée
Offrez votre temps, votre attention ou vos ressources sans attendre de retour. La générosité dissout l’avidité et ouvre le cœur.
5. Éviter les environnements de comparaison
Réduisez l’exposition aux réseaux sociaux ou aux espaces compétitifs. Préférez les environnements qui encouragent la coopération, la créativité et la sincérité.
Se libérer de l’avidité : une voie de paix
Se libérer de l’avidité et de la compétition, ce n’est pas renoncer à la vie. C’est renoncer à ce qui trouble inutilement le cœur. C’est retrouver la simplicité, la fluidité et la joie naturelle du Tao.
Lorsque nous cessons de rivaliser, nous découvrons enfin notre propre voie. Lorsque nous cessons d’accumuler, nous découvrons la richesse de l’instant présent.
Mini‑FAQ : Questions fréquentes
Pourquoi l’avidité est-elle considérée comme un poison dans le taoïsme ?
Parce qu’elle naît d’un sentiment de manque et crée agitation, tension et insatisfaction. L’avidité trouble le cœur-esprit et nous éloigne de la simplicité naturelle du Tao.
La compétition est-elle toujours négative ?
Dans le taoïsme, la compétition devient problématique lorsqu’elle nourrit la comparaison, la rivalité ou l’ego. Le sage privilégie la coopération, la fluidité et l’harmonie plutôt que la lutte pour surpasser autrui.
Que dit le Tao Te Ching sur la rivalité ?
Laozi enseigne : « Le sage ne rivalise pas ; c’est pourquoi nul ne peut rivaliser avec lui. » Le non‑rivaliser est une force intérieure : il permet de rester centré, libre et en paix.
Pourquoi l’image de l’eau est-elle utilisée pour parler de non‑compétition ?
L’eau ne lutte jamais, mais elle triomphe de tout. Elle s’adapte, contourne les obstacles et nourrit la vie sans rien exiger. Elle incarne la voie de la simplicité et du non‑rivaliser.
Comment reconnaître l’avidité dans sa vie quotidienne ?
Elle se manifeste par le désir de posséder toujours plus, la peur de manquer, la comparaison constante ou l’incapacité à se satisfaire de ce que l’on a déjà.
Comment cultiver l’esprit de “assez” ?
En définissant ce qui constitue le “suffisant” dans différents domaines : possessions, finances, accomplissements. Honorer ces limites apporte une grande liberté intérieure.
Comment réduire la compétition dans sa vie professionnelle ?
En privilégiant la collaboration, en célébrant les réussites collectives et en se concentrant sur ses propres progrès plutôt que sur la comparaison avec les autres.
Avec bienveillance et respect,
Philippe Gao Li
Un humble étudiant de la Voie
📅 A suivre :
« L’Humilité : Ne Pas Rechercher la Gloire. »
Avec bienveillance et respect,
Un humble étudiant de la Voie
Philippe Gao Li

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